Photo Nans Thomassey

J’ai longtemps hésité avant de choisir ce titre d’article. Ecrire le mot « mort », comme ça, en gras, dans un titre ? Pas très vendeur, pas vraiment glamour, un peu risqué, presque menaçant, carrément tabou. Avec son nouveau projet « Et je choisis de vivre », Nans assume et s’attaque, tout en douceur, à cet énorme tabou qu’est le deuil.

Voyageur sensible, touchant et poète, Nans Thomassey nous régale depuis 2012 avec la série documentaire « Nus et culottés ». Avec son pote Mouts, ils partent à chaque épisode nus et sans argent, avec en tête une destination à atteindre et un rêve d’enfant à réaliser : cueillir un trèfle à quatre feuilles en Irlande, voir un ours dans les Pyrénées, chercher de l’or dans une rivière suisse…Bien plus qu’une émission de voyages, « Nus et culottés » est un hymne à la rencontre, à l’ouverture et à la tolérance, une série que je ne me lasse pas de regarder, touchée à chaque épisode par l’humanité de Nans et Mouts, épatée par leur capacité incroyable à voir et à révéler le meilleur de chaque personne rencontrée.

Aujourd’hui, le projet de Nans, c’est la réalisation d’un film-documentaire sur le deuil. Pour aider son amie Amande à retrouver du sens après la perte de son enfant, Nans a imaginé un voyage initiatique filmé, au cours duquel il guidera Amande vers des rencontres inspirantes, qui l’aideront à se reconstruire et à retrouver le goût de vivre. Un vrai message d’espoir, qui nous concerne tous. Il vient d’achever une tournée de conférences de 2 semaines pour sensibiliser à ce projet et lever des fonds pour le financer.

Alors bien sûr, nous avons parlé de la vie, du bonheur, de voyages et de rencontres, mais aussi de la mort, du deuil, et de reconstruction. Des réponses sans artifice, en toute sincérité, comme Nans sait si bien le faire. Je suis conquise.

Nans, parle-moi de ta relation au bonheur…

Peut-être faudrait-il commencer par définir ce qu’est le bonheur. C’est un mot qui peut avoir plusieurs significations, selon les personnes, selon les cultures. Pour certains, ça veut dire ressentir des émotions de l’ordre de la joie, de l’ouverture, du plaisir, du sourire. Pour d’autres, c’est plutôt un état de paix intérieure, pas nécessairement relié à des émotions.

Il y a un bonheur que j’aime beaucoup : c’est celui qui considère que l’on s’inscrit dans la nature (que ce soit la nature à l’extérieur ou à l’intérieur de nous), et que cette nature a des cycles que l’on peut accompagner. Je considère que les émotions sont un peu comme des saisons : il y a l’été, où tout est fleuri, puis l’automne où les feuilles tombent…l’hiver, il n’y a plus rien, tout s’arrête, il fait froid. Puis le printemps revient, les fleurs repoussent, les oiseaux reviennent. J’ai l’impression que mes émotions sont comme des saisons à l’intérieur de moi-même. Pour moi, le bonheur, c’est être un ami des cycles qui vivent à l’intérieur de moi, c’est être curieux, aimant, tendre envers ces moments qui parfois me dépassent. Parfois je ne comprends pas pourquoi je me sens triste, perdu ou déprimé, mais si à ce moment-là, il y a cette tendresse qui s’installe, cette ouverture, cette curiosité, alors pour moi c’est le bonheur.

En revanche, si j’essaie de prolonger une saison plus longtemps que ce qu’elle devrait durer, si j’essaie par exemple de maintenir l’été en empêchant les feuilles de tomber des arbres, alors cette vision-là du bonheur devient violente pour moi. Ça revient à ne pas accepter les lois de la nature.

Au cours de tes voyages, tu as rencontré énormément de personnes vivant dans des lieux, des conditions de vie, des contextes sociaux très différents. Ces rencontres t’ont-elles permis d’identifier des ingrédients universels pour être heureux et bien vivre ?

La question est chouette, c’est intéressant de se demander quel est le dénominateur commun des personnes heureuses. En réalité, parmi tous les gens heureux que j’ai pu croiser dans mes voyages, il n’y a pas vraiment d’ingrédient commun qui ressort : certains avaient beaucoup d’argent, d’autres très peu ; certains vivaient de manière traditionnelle, d’autres dans la modernité…Donc, je ne vois pas vraiment de « recette » du bonheur. Et puis il faut préciser aussi que je ne vis pas avec ces personnes, je les rencontre à un instant T, je passe peut-être une soirée ou 2-3 jours avec eux, mais dans cette parenthèse, nous sommes tous portés par la rencontre. En réalité, je ne connais pas vraiment comment ils vivent dans leur quotidien.

En revanche, je peux dire quels sont les ingrédients des instants de bonheur que je vis avec les gens que je rencontre. Il y a 3 conditions : la première, c’est que je sois en lien avec moi-même. Quand j’arrive chez quelqu’un, j’aime prendre un instant pour vérifier dans quel état je suis, pour sonder ce qui vit en moi, pour vérifier ma disponibilité. Si je ne suis pas disponible, je prends un petit moment de solitude, juste pour faire un petit check-up du corps, sans vouloir modifier quoi que ce soit, mais simplement pour avoir conscience de l’état dans lequel je suis. Est-ce que je suis ouvert ? tendu ? est-ce que je ressens de l’amour ? de la peur ?…La seconde condition, c’est d’être en lien avec l’autre. Si ces deux conditions sont remplies, on a déjà un joli socle. La troisième, c’est d’arriver à inventer, à partir de ce qu’il y a en moi et de ce qu’il y a chez l’autre, quelque chose de nouveau, qui nous ressemble à tous les deux. Quand je suis à l’écoute de moi-même et que l’autre est à l’écoute de lui, alors on va pouvoir vivre quelque chose qui sera le reflet de nos deux inspirations. On va pouvoir inventer un instant qui aura la couleur de nos élans de vie mutuels. Ça, c’est le bonheur pour moi.

Quand on arrive et qu’on ose se rencontrer, quand on ose rentrer dans un espace inconnu, là commence la créativité, le voyage, la découverte. Et tout ça peut se vivre au quotidien. A chaque instant,  il y a des voyages et des aventures qui peuvent se vivre dans la rencontre.

Dans « Nus et Culottés » comme lors des conférences « Et je choisis de vivre », tu fais preuve d’une qualité d’écoute exceptionnelle, de beaucoup de bienveillance et d’empathie…Ces qualités sont-elles innées pour toi, ou sont-elles le fruit d’un travail ?

Ce n’est absolument pas inné. En fait, j’ai tout appris à des moments où je me suis rendu compte que j’étais vraiment nul :-). Un jour, cela faisait plusieurs années que j’étais avec ma compagne, et nous passions la soirée avec des amis. Ma compagne parlait d’un sujet dont nous avions déjà parlé pleins de fois ensemble, mais comme ce soir-là il y avait d’autres personnes, je me suis tu, je l’ai écoutée jusqu’au bout… et je me suis pris une énorme claque. J’ai réalisé que c’était la première fois que je l’écoutais vraiment sur ce sujet, sans intervenir, sans faire autre chose en même temps, sans la conseiller, sans dédramatiser. En l’écoutant, j’ai mesuré combien certains comportements que j’avais pu avoir lui avaient fait de la peine. J’ai réalisé surtout que pendant toutes ces années, je ne l’avais jamais écoutée. Ça m’a sonné pendant quelques jours… Une fois ce choc passé, j’ai réalisé que j’avais envie d’apprendre à écouter.

C’est encourageant :-)…On a tous une marge de progression alors?

Complètement. Des études scientifiques ont montré que l’empathie –la capacité à ressentir ce que l’autre ressent- est une faculté naturelle en nous. Selon notre constitution, notre éducation et notre expérience, nous avons une dose plus ou moins grande d’empathie disponible, et on peut la faire évoluer simplement en l’entraînant, comme un muscle. Ou plutôt en désentraînant tous les autres muscles qui sont activés quand on écoute quelqu’un, c’est-à-dire en déconstruisant toutes les habitudes que nous avons (conseiller, juger, comparer…) pour laisser place à un état naturel de présence à l’autre.

Finalement, la manière dont je m’écoute moi-même est très liée à la manière dont j’écoute l’autre. Si je m’écoute et que j’accueille mes émotions, sans les juger, sans vouloir les modifier, il y a de grandes chances pour que je puisse accueillir l’autre de la même manière et lui offrir cet accueil, lui tenir la main là où il est, dans sa tristesse, dans sa dépression, sa colère, sa joie. Et je ne connais pas de plus grand bonheur que d’être rejoint là où on est. Ce serait peut-être ma définition du bonheur.

Tu parles beaucoup d’écoute, d’attention, de présence. Est-ce que tu pratiques la méditation ?

Oui, j’aime bien. Méditer, pour moi, c’est simplement s’écouter soi-même.

Il y a des moments que j’aime consacrer à la méditation ; selon les périodes, ça peut être le matin ou le soir. Et puis il y a tous ces instants au quotidien : s’il y a une situation qui me bouleverse un peu, s’il se passe quelque chose de fort en moi, j’aime bien faire une petite pause et prendre juste un petit temps pour vérifier comment ça se vit à l’intérieur. Quelle émotion est en train de surgir ? Qu’est-ce que je suis en train de me raconter dans ma tête ? Quel besoin est en jeu ? Et ça, c’est aussi de la méditation, sous une forme plus spontanée.

Mon éducation m’a toujours invité à considérer que la source de mon bonheur ou de mon malheur est à l’extérieur de moi, (ce sont les autres qui me font mal, ou ce sont les autres qui me font du bien), mais lorsque l’on apprend à regarder à l’intérieur de soi, on s’aperçoit que c’est souvent notre manière de percevoir une situation qui va générer des émotions en fait, et non les autres. En regardant à l’intérieur de moi, je deviens beaucoup plus responsable de ma vie et de mon bonheur, parce que je suis moins dépendant des actions des autres. Et quand je deviens responsable, alors je reprends mon pouvoir d’action et je peux poser des actes cohérents qui prennent soin de ce qui est bon pour moi, profondément.

Lors de la conférence « Et je choisis de vivre » à Paris, tu es monté sur scène et tu as ouvert la conférence en racontant en détail comment tu avais perdu ta sœur à l’âge de 16 ans et comment ta famille et toi aviez vécu ce deuil. C’était un moment très fort de vérité et d’authenticité, et j’ai été très touchée par ta capacité à tant te dévoiler sur un sujet très personnel. Alors que nous vivons tous, au quotidien, avec nos carapaces, nos mécanismes de protection, nos égos, tu sembles être dans l’ouverture totale. Comment parviens-tu à te mettre à nu et à tout donner comme ça?

Quand j’étais plus jeune, j’étais extrêmement sensible ; je me sentais seul avec toutes ces émotions, alors j’ai appris à les cacher pour ne pas être faible. J’ai enfoui ma sensibilité pour me protéger du monde. Mais à force de cacher tout ça, je me suis rendu compte un jour que je ne savais plus trop qui j’étais ; il est arrivé une forme de nostalgie, comme s’il manquait quelque chose à ma vie. Ce qui manquait en fait, c’est qui j’étais profondément. En cachant mes émotions et ma sensibilité, je m’étais caché à moi-même. Au début, je n’osais pas regarder cette nostalgie, parce que j’avais l’impression que c’était un truc béant, immense, qui m’amenait vers tellement d’impuissance. J’avais le sentiment d’être incapable de me relier à moi-même. Et puis petit à petit, j’ai eu comme l’impression qu’il y avait en moi un grand lac avec un énorme barrage ; l’eau avait envie de couler mais elle se sentait bloquée derrière le barrage. En fait, la pression de l’eau dans le barrage, c’était le désir d’authenticité. Je crois qu’au bout d’un moment, la pression devient si grande que le désir d’authenticité l’emporte sur le désir d’être apprécié des autres.

Petit à petit, j’ai trouvé des oasis, des petits espaces, pour pouvoir vraiment me dévoiler, au début juste avec une personne, puis avec plusieurs, et aujourd’hui sur scène devant des publics, et je me rends compte qu’il n’y a rien de plus nourrissant pour moi que d’offrir ma vérité au monde, même si parfois ça fait peur.

La deuxième chose, c’est que j’ai réalisé à quel point les gens qui m’ont permis de grandir sont ceux qui m’avaient offert leur vulnérabilité. Quand quelqu’un m’offre sa vulnérabilité, il m’autorise à être moi-même vulnérable. Et quand je suis vulnérable, alors je peux me détendre profondément et simplement être moi-même. Aujourd’hui, je me rends compte que le cadeau que j’ai envie d’offrir aux gens et que j’ai envie de recevoir, c’est cette authenticité, cette vulnérabilité. Quand ça se produit, pour moi, c’est un miracle. Alors on entre dans la profondeur, dans le partage ; pour moi, la vie prend toutes ses saveurs à cet endroit-là.

Et puis parfois ça ne se produit pas, on reste dans les apparences, et c’est ok.

Lors de la conférence, cela s’est produit et c’était très fort. Après avoir partagé ton expérience personnelle, tu as proposé un exercice d’écoute : chaque participant était invité, pendant 3 minutes, à confier à son voisin les raisons qui l’avaient amené à cette conférence. C’était une expérience assez incroyable, de voir des inconnus se confier sur des drames très personnels, laisser libre cours à leurs émotions, s’ouvrir totalement…Comment l’expliques-tu ?

Je vais répondre par une question : qu’est-ce que ça t’a fait, à toi, d’entendre ta voisine se dévoiler?

J’ai été très touchée, par sa confiance, par son ouverture.

Quand tu l’as entendu se confier, qu’est-ce que ça a déclenché comme envie en toi ?

L’envie de faire pareil, de lui accorder ma confiance, de me confier à elle comme elle s’était confiée à moi…

C’est ça. En fait, on est vraiment des miroirs les uns pour les autres. Si je me comporte d’une certaine manière avec toi, ça va déclencher des choses en toi. Si je me rends vulnérable, si je te fais confiance, ça semble générer chez toi une envie de faire pareil ; de la même manière, si je suis agressif et en colère, il y a de grandes chances pour que toi aussi tu te mettes en colère. Généralement, on reçoit ce qu’on offre. Toutes les grandes spiritualités le disent : si tu veux quelque chose, offre-le d’abord. Ça n’est pas automatique, parfois ça peut aussi faire peur à l’autre. Mais si le cadre est bien posé, si le rythme de chacun est bien respecté, souvent, j’ai remarqué que la rencontre se fait et que la magie opère.

Au démarrage de ce projet, l’idée était de faire un film documentaire pour accompagner ton amie Amande dans son deuil. Aujourd’hui, après 2 semaines de tournée dans toute la France, après toutes les réactions que vous avez eues lors des conférences, après toutes ces rencontres que vous avez faites, quelle est ton ambition pour ce projet ?

Au début, c’était un projet entre amis et aujourd’hui, c’est devenu un projet de société. On se rend compte que ce projet, il nous touche tous, car nous sommes tous confrontés à un deuil à un moment dans notre vie. Si ce n’est pas la perte d’un être cher, c’est notre propre mort à un moment. Et même avant notre propre mort physique, il y a toutes ces morts psychologiques qu’on vit quotidiennement : une relation qui se termine, un rêve qui avorte, une frustration avec un ami, tout ça, ce sont des petits deuils du quotidien.

L’ambition de ce film est multiple : la première, c’est d’offrir un cadre, pour informer sur ce qu’est le deuil, pour apprivoiser ce sujet tabou qui fait peur à tout le monde. C’est un sujet dont on parle très peu ; du coup, quand on le vit, on se sent démuni ; on ne sait pas si ce que l’on traverse est normal, si les émotions que l’on ressent sont normales, on se sent paumé. Et comme l’entourage peut avoir peur d’en parler avec nous, on se sent parfois encore plus seul. 

La seconde ambition, c’est de redonner de l’inspiration, de l’espoir, en transmettant l’idée que le deuil n’est pas une fatalité, et que l’on peut non seulement le traverser mais aussi en sortir grandi. Inviter les gens à se réapproprier des rituels, pour accompagner, pour cultiver la cohésion d’un groupe, d’une famille, et éveiller de la solidarité.

Et puis il y a une autre ambition, c’est de redonner ses lettres de noblesse au deuil. Aujourd’hui, le mot deuil est un mot un peu vieillot, pas très glamour, mais je me rends compte que le deuil est aussi un super allié. Quand j’étais plus jeune, avec des copains, nous faisions des « soirées deuil ». Nous nous réunissions, et chacun choisissait de rentrer dans un petit deuil du quotidien qui l’avait touché, et de le pleurer. Ici, je ne parle pas du deuil d’un proche ; dans ce cas, c’est différent, car souvent nous sommes submergés par les émotions. Ces soirées deuil, ça fait partie des pépites de ma vie, simplement parce que cela m’a permis de réaliser que non seulement c’est ok de faire des deuils, mais que c’est aussi magnifique. Je ne pleure que ce que je chéris, donc le deuil, c’est une porte d’accès royale vers ce que je chéris profondément dans mon cœur. Et ce que je chéris profondément ne meurt jamais.

Donc, ce projet a aussi l’ambition de nous réconcilier avec ce processus en nous qui, finalement, est au service de la vie. C’est là pour nous rappeler à l’amour, pour nous aider à faire grandir notre capacité à aimer et à embrasser la vie dans toutes ses couleurs.

Tu passes d’un projet léger comme « Nus et culottés », pour lequel tu as une image de mec cool, drôle et sympa, à « Et je choisis de vivre », qui aborde le sujet délicat et tabou du deuil. A priori, tu n’étais pas très attendu sur cette thématique. Comment est-ce que tu t’affranchis du regard et du jugement des autres ? Est-ce que tu t’es posé cette question avant de te lancer dans ce projet ?

Oui bien sûr, c’est une question que je me suis posée, surtout au début. Et en fait, ça n’a pas duré longtemps parce que très vite, avec l’équipe de travail, on s’est rendu compte que ce projet nous passionnait. Plus ça a pris de l’ampleur (avec tous ces gens qui nous encourageaient, qui nous aidaient, qui s’impliquaient), plus le besoin de validation extérieure est devenu secondaire.

Et puis, avec ce projet, je me sens profondément aligné avec mon histoire personnelle.  J’ai l’impression de parler avec mon cœur, avec mes tripes, et ça, c’est plus fort que tout.

Et en réalité, il y a un certain nombre de points communs entre « Nus et Culottés » et « Et je choisis de vivre ». Le premier, c’est que les deux s’attachent à aborder des tabous. Dans « Nus et Culottés », c’est la nudité et l’argent ; dans « Et je choisis de vivre », c’est le deuil et la mort. En touchant des tabous, on se rend compte qu’il y a tellement de vie derrière.

Mais surtout, le lien entre ces deux projets, c’est l’intention de toucher le cœur des humains. Avec « Nus et Culottés », on a beaucoup travaillé sur  la célébration : on célèbre la vie, la gratitude, la générosité, la solidarité, l’hospitalité. Cette célébration, c’est vraiment un moyen de mener dans notre cœur aux endroits qui sont précieux, c’est un moyen de contacter les valeurs que l’on porte profondément dans notre cœur. Le sujet du deuil, c’est la même chose. Le deuil nous amène aux endroits que l’on chérit en nous. Je le vois vraiment comme ça : le deuil et la célébration sont deux portes d’accès vers notre cœur, absolument essentielles. C’est hyper important pour moi d’accueillir mes regrets, mes tristesses, mes chagrins, parce que ça mène au plus profond de mon cœur. Et c’est aussi super important d’accueillir mes joies, mes réussites, parce qu’elles mènent au même endroit.

Maintenant que tu as réalisé tous ces rêves, que tu as grillé des chamallows sur un volcan, que tu as rencontré un druide en Bretagne…qu’est-ce qui pourrait te rendre encore plus heureux? Quels sont tes rêves aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je me sens vraiment bien dans ma vie. Je ne pense pas que quelque chose puisse me rendre plus heureux que je ne le suis, même si je continue, bien sûr, à avoir des rêves. J’aimerais bien par exemple monter un lieu inspirant où chacun pourrait venir découvrir ce qu’il y a de plus beau en lui, se reconnecter avec soi-même, avec la nature, avec ses rêves. Ce projet me fait envie, mais je ne me dis pas pour autant que je serai plus heureux quand je l’aurai fait. En fait, je crois que ça fait quelque temps que j’ai arrêté de penser que j’allais faire des choses qui allaient me rendre plus heureux. Si le bonheur n’est pas maintenant, il ne sera jamais. 

Merci Nans pour cette belle discussion!

POUR ALLER PLUS LOIN:

3 façons de soutenir le projet « Et je choisis de vivre »:

Et pour prolonger le plaisir de cette belle rencontre, je vous invite à découvrir mes épisodes préférés de « Nus et culottés »:

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