Mon parcours, mes réflexions et interrogations pour répondre à une question: c'est quand le bonheur?

Je n’ai pas vraiment pensé au bonheur pendant mes trente premières années, toute occupée que j’étais à courir d’objectif en objectif: passer le bac, choisir une orientation, partir à l’étranger, décrocher mon premier job, trouver l’homme de ma vie…tout cela m’occupait pleinement et pendant toute cette période, la quête du bonheur me préoccupait peu. Et puis un jour, en 2012, une fois tous ces objectifs atteints, un sentiment étrange a commencé à m’envahir. Et une question: ET MAINTENANT?

La tentation était forte de remplir très vite ce vide, en me fixant de nouveaux objectifs. Acheter un appartement? Faire un bébé? Repartir à l’étranger? vite vite, il me fallait un nouveau projet pour remplir mon esprit. Cela a duré presque deux ans, deux ans à me prendre la tête, à tourner en rond, à chercher des responsables, à remettre en question tour à tour mon job, mon couple, mon lieu de vie, sans pour autant avancer dans mes réflexions.

Jusqu’à un coup dur. De ceux qui font vraiment réfléchir et revoir ses priorités. Pour la première fois je crois, j’ai pris conscience que j’étais sur cette Terre pour une durée limitée, et j’ai ressenti l’URGENCE de me réveiller et d’arrêter de laisser le temps s’écouler. J’avais le sentiment de m’être gentiment laissée porter par la vie, les opportunités, les objectifs qui s’enchaînent, sans vraiment réfléchir à ce que je voulais.

J’ai commencé à me poser beaucoup de questions sur ma vie et sur le sens que je voulais lui donner.

Je m’imaginai à 80 ans…quelle vie voudrais-je raconter à mes petits-enfants? Quelles réalisations me rendraient fières de mon parcours?

Où est l’essentiel? Quelle est ma top priorité?

Une seule réponse me vint à l’esprit: ÊTRE HEUREUSE.

« Le bonheur est le principe et la raison d’être de la vie, le but et la finalité suprêmes de l’existence humaine. » (Aristote)

J’étais bien d’accord avec Aristote sur ce coup-là. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à m’intéresser au bonheur et à me demander: COMMENT CA MARCHE?

Comment pouvais-je influer sur le cours de mon bonheur, le provoquer, l’inviter dans ma vie? (non pas que j’étais malheureuse; sur le papier, j’avais même plutôt tout pour être heureuse et franchement pas de quoi me plaindre. Mais je voulais plus. Je voulais reprendre le contrôle, RESPIRER le bonheur, CROQUER la vie à pleines dents, et NAGER dans l’épanouissement le plus total…rien que ça.)

J’ai recommencé à me poser un tas de questions, à faire des listings sans fin des conditions qui me semblaient indispensables à mon bonheur. Où, comment, quand, avec qui, dans quelles conditions avais-je envie de vivre?

Je me suis cassée la tête pendant tout un été avec ces réflexions, convaincue que la solution de cette équation m’ouvrirait la porte du Bonheur avec un grand B. Je m’empêtrais dans ces questionnements, incapable de faire le moindre choix. Je voulais TOUT (et son contraire): retrouver le sentiment de liberté d’une vie à l’étranger, sans m’éloigner de ma famille; avoir une meilleure qualité de vie, retrouver plus d’authenticité et moins de stress, sans être prête à quitter Paris; travailler pour moi, sans vouloir faire de concessions sur mon niveau de vie. Je voulais le beurre et l’argent du beurre.

Avec le recul, il me semble que je commettais là une grosse erreur de jugement: celle de penser que mon épanouissement ne dépendrait que des conditions extérieures dans lesquelles je choisirais de vivre. Ma façon d’envisager le bonheur pouvait se résumer à « Je serai heureuse quand… », suivi d’un tas de conditions telles que: quand j’aurai ce type de job, quand je vivrai avec mon homme, dans telle ville, entourée de tels amis, avec tel niveau de salaire, etc.

Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’algorithme magique, qui donnerait accès à un bonheur permanent, n’existe pas. Autrement dit, même si toutes les conditions de ma « checklist du bonheur » sont réunies, rien ne garantit que je serai heureuse. Car à tous les coups, pendant que je me serai démenée pour atteindre tous ces objectifs, de nouvelles envies/conditions/besoins auront surgi et seront venus s’ajouter sur la liste, repoussant ainsi en permanence le moment où je pourrai enfin lâcher prise et « enjoyer ».

A trop vouloir définir avec exactitude mon chemin vers le bonheur, j’en ai oublié que ma vie s’écoulait. Et elle continue de s’écouler là, tout de suite, maintenant, quand je suis en train d’écrire et quand vous êtes en train de me lire. Ce n’est pas demain/dans un an/’quand je…’. C’est maintenant. Cette journée qui est en train de passer, je ne pourrai ni la rattraper, ni la revivre. Alors autant essayer d’en tirer le maximum à chaque instant. Même si elle n’a rien d’exceptionnel. Même si tout n’est pas parfait. Et même si parfois cela semble carrément bancal.

C’est quand le Bonheur? C’est maintenant.

Au boulot.

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  • Reply Cécilia 18/12/2016 at 17 h 37 min

    J’ai l’impression de me lire quand tu écris !

    Merci d’avoir mis sur papier (sur écran plutôt ^^) ce que beaucoup de personnes de notre génération ressentent. On cherche toujours les clés à l’extérieur alors qu’elles sont en nous.
    C’est un travail de tous les jours, de chaque instant, et c’est parfois difficile de s’y tenir ! Mais on va y arriver 😉

    Merci de contribuer à cette grande chaîne rayonnante en tout cas… Si tu donnes des cours de bonheur à Paris tiens moi au courant je prends l’avion direct 😉

    P. S: si tu ne connais pas les e radiance abonnes toi c’est très sympa

    • Reply Céline 20/12/2016 at 9 h 44 min

      Merci Cécilia!! c’est tellement encourageant de lire des feedbacks comme les tiens!
      Je ne connaissais pas les e-radiance, je cours y jeter un oeil, merci!

  • Reply Virginie 01/02/2017 at 11 h 30 min

    A trop vouloir en faire, on en oublie de vivre l’instant présent, oui.
    Bravo pour cet article!

    • Reply Céline 01/02/2017 at 11 h 41 min

      Merci Virginie!

  • Reply Delphine 17/02/2017 at 23 h 02 min

    Wouaw j’adore ton article, vraiment ! Tu résumes impeccablement l’enchaînement (malheureusement?) si classique études-bon boulot-grand amour-etc et le « au boulot » à la fin est juste parfait 🙂 Bravo!

    • Reply Céline 19/02/2017 at 14 h 21 min

      Merci Delphine!

  • Reply Eulalie 21/03/2017 at 15 h 54 min

    On a chacune eues nos petites révélations en matière de bonheur… L’essentiel est de se rendre compte qu’il est nécessaire d’arrêter de courir pour savoir apprécier les choses les plus simples et les plus précieuses 🙂

    • Reply Céline 21/03/2017 at 17 h 25 min

      Et oui…le slow living!! je file (doucement) sur ton blog pour le découvrir!

  • Reply Cécile 09/05/2017 at 13 h 38 min

    Oh comme je connais bien cette sensation de s’être laissée porter pendant trop longtemps. Puis de se dire que ça a assez duré et de prendre les choses en main ! ça doit être le cap de la trentaine 😉

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